Je parlais plus haut d'une famille Belge (Gisèle et Gaston) qui m'avait pris en charge en gare du Nord. Famille que je ne connaissais pas sur le moment mais après famille à qui j'allais dire bonjour tous les jours, je n'avais pas beaucoup de chemin à faire puisqu'ils demeuraient juste en face et je n'avais que la rue à traverser. Cette famille se composait du grand-père (dont j'ai oublié le prénom), de la grand-mère Bertha, de la fille Gisèle et de son mari Gaston. Ces deux derniers avaient une fille Annie.
A l'époque, elle avait 4 ans et j'en avais 5. Il y avait aussi dans cette famille une autre jeune fille, c'était la soeur de Gisèle, je ne l'ai jamais connu et pourtant encore maintenant il m'arrive de penser à elle. J'en parlerai plus loin. Pour le moment, revenons-en à Annie, petite fille toute blonde de 4 ans, elle était vraiment ce que l'on appelle pot de colle. On avait beau me dire que c'était parce qu'elle m'aimait bien qu'elle me poursuivait comme çà, mais moi çà me m'arrangeait pas toujours. Quand j'avais la chance de la voir arriver par la fenêtre, j'allais vite me planquer mais peine perdue elle me trouvait toujours. On devait certainement lui dire où je me cachais. (On n'est jamais trahi que par les siens).
J'aimais quand même bien ce petit pot de colle mais toutefois, j'avais un problème car au bout de la rue il y avait une autre petite fille, elle devait avoir 5 ans et je ne voyais qu'elle. Elle avait de longs cheveux frisés qui formaient des anglaises et d'une couleur roux mi-cuivre, mi-auburn. Quand je dis que je ne voyais qu'elle, c'était plutôt que je ne pensais qu'à elle, car elle ne sortait jamais dans la rue, elle était apparemment toute seule avec ses parents dans la maison et le jardin. Il n'y avait pas de relations de voisinage entre eux et ma marraine, bonjour, bonsoir, et c'était tout. Par contre je l'apercevais tous les dimanches au moment de la messe, seulement à l'aller et au retour on ne marchait pas ensemble et ensuite pendant la messe c'était encore la méthode fin 19e début 20e siècle, les familles avaient leurs chaises réservées avec le nom gravé sur une plaque posée sur le prie-dieu. Et bien sur dans l'église nous n'étions pas ensemble dans le même secteur.
Bref, je ne voyais Nicole que furtivement, et çà n'a jamais été plus loin que çà. Je la revoyais bien sur tous les ans quand je retournais en vacances.
Puis chose extraordinaire à l'adolescence, je ne l'ai plus revue, on a plus jamais eu l'occasion de se croiser ou de se voir même de loin alors qu'elle n'a jamais quitté cette maison et qu'elle y demeure toujours actuellement.
Ca fait plus de 60 ans que je vais régulièrement tous les ans en Belgique et aussi dans cette rue Pachy du Try puisqu'il y avait ma Marraine et encore maintenant Madeleine mais pas de Nicole en vue.
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