classement

Note personnelle :


1 souvenir n° 4 28 souvenir n° 53
2 souvenir n° 6 29 souvenir n° 51
3 souvenir n° 10 30 souvenir n° 31
4 souvenir n° 2 31 souvenir n° 20
5 souvenir n° 14 32 souvenir n° 16
6 souvenir n° 5 33 souvenir n° 35
7 souvenir n° 50 34 souvenir n° 45
8 souvenir n° 49 35 souvenir n° 12
9 souvenir n° 7 36 souvenir n° 15
10 souvenir n° 11 37 souvenir n° 19
11 souvenir n° 52 38 souvenir n° 26
12 souvenir n° 22 39 souvenir n° 30
13 souvenir n° 23 40 souvenir n° 34
14 souvenir n° 24 41 souvenir n° 38
15 souvenir n° 25 42 souvenir n° 42
16 souvenir n° 3 43 souvenir n° 37
17 souvenir n° 18 44 souvenir n° 13
18 souvenir n° 33 45 souvenir n° 27
19 souvenir n° 44 46 souvenir n° 47
20 souvenir n° 29 47 souvenir n° 40
21 souvenir n° 9 48 souvenir n° 43
22 souvenir n° 8 49 souvenir n° 32
23 souvenir n° 1 50 souvenir n° 17
24 souvenir n° 41 51 souvenir n° 28
25 souvenir n° 39 52 souvenir n° 21
26 souvenir n° 46 53 souvenir n° 36
27 souvenir n° 48
 

Souvenir 14 - Méprise entre pain blanc et gâteau


4/5 ans toujours  ( j’ai beaucoup de souvenirs de cette période ) manger n’est pas toujours facile pendant la période guerre et après guerre. Nous autres jeunes enfants ne pouvions pas vraiment nous en rendre compte puisque vu notre age nous n’avions jamais mangé que comme ça. Jusqu’en 1949 nous n’avons jamais connu que du pain gris ou marron. Alors quand Papa se débrouillait bien, Maman avait de temps en temps avait assez de lait, beurre, œuf, farine, pour nous faire un quatre-quarts et c’était la fête. Ce pain gris par moment, on l’aimait bien quand même, quand les parents allaient chercher le pain avec les tickets de rationnement, d’abord ce n’était pas de la baguette ou du pain parisien mais seulement des gros pains de 1 ou 2 kilos pour plusieurs jours. Les premiers jours le pain était supportable a manger, mais après il durcissait très vite alors Maman nous le préparait pour le petit déjeuner. Elle coupait ce pain dur comme du caillou en petits morceaux et ensuite dans un grand bol elle disposait une couche de morceaux de pain qu’elle recouvrait de sucre en poudre et ainsi de suite jusqu’en haut du bol. Pour finir elle remplissait de café jusqu’en haut. Nous n’avions plus qu’à manger à la petite cuillère ce pain trempé et sucré et pour finir boire le café restant. Ce n’était pas pour nous un supplice car nous aimions bien ça, encore maintenant je n’ai pas oublié et de temps en temps il m’arrive encore de le refaire comme petit déjeuner sauf que maintenant je trempe le pain avec du vrai café. Je parle de vrai café car à l’époque de mes 4/5 ans maman avait très peu de café à moudre et elle compensait avec de la chicorée ( il devait d’ailleurs y avoir plus de chicorée que de café ) pas de problème pour nous, on aimait le goût de la chicorée.
Que ce soit dans la famille à Paris ou dans la famille en Belgique les jeunes enfants déjeunaient avec du café comme les adultes.
Il est temps que je revienne sur le titre de mon souvenir, ( méprise entre pain blanc et gâteau ) A cet âge je partais en Belgique pour y vivre quelques mois et à mon premier repas, je découvrais sur la table une panière avec un pain tranché. Là-bas le pain est de forme carrée et il est fait au lait. Je ne me souviens pas de tout mais j’ai du être surpris quand on a mis une tranche de pain près de mon assiette. Comme tout le monde attaquait son pain, je me suis pressé de tout manger. Plus tard Marraine me racontait : quand tu as eu fini tout ton pain tu m’as demandé si tu pouvais reprendre une tranche de gâteau. J’avais fait l’amalgame entre le quatre-quarts de Maman et le pain blanc de Belgique.
Je pense que ce jour là tout en le sachant déjà, la famille a du se rendre compte vraiment de nos privations par rapport à eux en Belgique.

Souvenir 10 - OISEAUX ET PIGEONS MORTS EN GARE


J’avais remarqué qu’en hiver dans les gares et aux abords des gares il y avait des personnes âgées ( âgées pour moi qui n’avais que 4 ans ) avec des grands manteaux, des écharpes, des gants. Ces personnes âgées marchaient entre les rails et ramassaient des choses qu’ils mettaient dans leurs sacs et bien sur étant curieux, j’avais demandé ce qu’ils faisaient là. On m’avait donc expliqué que la guerre qui venait à peine de se terminer avait fait beaucoup de gens très malheureux. Il y avait ceux qui avaient du se sauver à l’approche des Allemands, ils atterrissaient n’importe où mais n’avaient plus de maison pour se loger, ou bien ceux qui avaient du partir à cause des bombardements, ceux-là non plus n’avaient plus de maison. Plus de maison et pour beaucoup pas de travail donc pas d’argent et par conséquent pas de quoi se nourrir. Ils mendiaient mais ne ramenaient pas grand-chose car les autres comme mes parents, avaient bien un logement mais seulement deux pièces pour cinq, les autres comme mon père avaient bien un travail mais un seul petit salaire pour faire vivre une famille de cinq. Alors les autres n’avaient pas beaucoup d’argent pour ceux qui mendiaient.
A cette époque les hivers à Paris étaient plus rudes et plus froids que maintenant et même les moineaux et les pigeons avaient du mal à résister. Alors pour trouver un peu de chaleur, ces volatiles s’approchaient des locomotives à vapeur et souvent trop près et ils ne pouvaient éviter les jets de vapeur des pistons. Et ces choses que les personnes en grands manteaux ramassaient étaient donc ces oiseaux, ainsi ils avaient un peu de viande au menu.
Il n’y a pas que les oiseaux qui étaient ramassés, beaucoup d’indigents n’hésitaient pas à se baisser pour ramasser tous les mégots de cigarette ou un bout de cigare avec de la chance et le soir après avoir récupérer le tabac qui n’avait pas brûlé, ils pouvaient le fumer dans une pipe.

Souvenir 27 - MON ACCIDENT A VELO CONTRE UNE 4 CHEVAUX


J’ai 15 ans et bientôt 16, l’été approche. C’est l’après-midi bien entamée, je suis en vélo pour mon plaisir ou pour une course pour Maman, à Montreuil sous bois rue Galliéni, c’est une rue très passante mais pas très large et à double sens à l’époque. Il fait chaud et, est-ce un début d’insolation ou bien a nouveau un mauvais tour que me joue l’épilepsie. De toutes façons, je me retrouve avec une chute de vélo et malheureusement face à moi se ramène une quatre chevaux que je ne vois pas puisque je suis inconscient et son pare-chocs me cogne la base arrière du crâne. Le choc me réanime aussitôt et quand je reprends conscience, je suis debout, le vélo à la main et près à repartir mais un monsieur tout affolé essaye de m’en empêcher car ce que je ne vois pas et ne sens pas, c’est que j’ai le cuir chevelu entamé et que ça saigne. Ce monsieur affolé n’est autre que le chauffeur de la voiture et j’aimerais bien savoir ce qu’il a ressenti au moment ou il m’a vu passer sous sa voiture.
Sûrement ça l’a bouleversé car une fois que j’ai été emmené par police secours, il a suivi ceux qui se rendaient à la maison grâce à ma carte d’identité pour prévenir Maman et il a tenu à l’emmener lui-même pour me rejoindre à l’hôpital. L’histoire ne dit pas lequel des deux a réconforté l’autre pendant le trajet.
Toute la semaine où je suis resté en observation à l’hôpital, ce monsieur et son épouse sont venus me voir tous les jours avec petits cadeaux à chaque fois. Une fois rassurés ces gens se sont éclipsés et je ne les ai plus jamais revu.
Quelques temps après mes crises d’épilepsie augmentaient non pas en intensité mais en quantité.

Souvenir 26 - ROME - PIE XII - DECEPTION


Nous sommes le lendemain matin de mon arrivée à Rome, et une visite au Vatican est prévue avant notre départ pour Capodimonte, lieu de nos vacances. Je m’attendais bien sur à rentrer dans la basilique et comme tout le monde se mettre sur la pointe de pieds pour apercevoir le Pape mais non, c’était le jour de l’audience papale et ce jour là le Pape traverse la basilique pour remonter vers le chœur en bénissant les pèlerins à droite et à gauche puis se rend dans des appartements pour recevoir en audience privée ceux qui en avaient fait la demande ( les rendez-vous se prenaient longtemps à l’avance ). Les audiences terminées le Pape se rendait aux balcons pour bénir la foule sur la place. Je ne me souviens pas à l’époque du jour mais actuellement c’est tous les mercredis qu’il y a audience et bénédiction. Ca aurait du se passer mieux que je ne pensais, je n’aurais pas eu à tendre le cou ou monter sur la pointe des pieds pour voir le Pape, la famille qui m’accueillait faisait partie des notables et pouvait avoir à tous moments une bonne chaise dans une bonne travée au passage du Pape. Seulement voilà même les gens les plus influents ne peuvent rien contre les imprévus et celui là pour moi était de taille. Le Pape était souffrant et la journée d’audience et bénédiction avait été annulée le matin même.
Je n’ai donc pas vu Pie XII  -  occasion ratée, deux ans après il décédait  -  Grosse déception pour moi car le pape représentait beaucoup pour nous à cette époque. J’en suis à mon 6ème Pape mais pour moi vraiment il n’y en a eu qu’un, celui de ma jeunesse, celui de l’âge ou on croit à tout, alors que tout est faux.

Souvenir 25 - PREMIERE ANNEE D ECOLE EN Belgique ( cote de veau )


Il me reste un souvenir à raconter concernant l’école, il s’agit de mon problème côte de veau. Ma marraine avait été prévenue qu’il m’arrivait de me battre de temps en temps en récréation et toujours avec le même petit garçon ce qui d’ailleurs m’avait valu le père Fouetard. Voulant en savoir plus, Marraine me demande qui est ce garçon et pourquoi se battre.
_  Il s’appelle cote de veau et il se moque de moi parce que je n’ai pas le même accent que lui ou les autres.
La réponse a bien fait rire, et il a fallu m’expliquer correctement que ce garçon s’appelle en réalité Claude Devaux et qu’il fallait tous les deux que l’on fasse la paix car on était appelé à se rencontrer souvent car j’ai avec Claude le même degré de parenté qu’avec Thérèse. Nous sommes enfants de cousins germains.
Pour mieux comprendre il faut reprendre mon arbre généalogique. Dans la génération 1870 on trouve 8 frères et sœurs parmi lesquels Carpin Aline et un de ses frères Carpin Camille. Carpin Aline est la grand-mère de Claude Devaux et Carpin Camille est mon grand-père. A noter en passant comme ça, il a fallu attendre 100 ou 110 ans pour avoir à nouveau une
Carpin Aline dans la famille. La chose étant réglée car Claude ignorait également que je suis son cousin, plus de problème, plus de bagarre d’ailleurs j’en reparlerai un peu plus loin. On se voyait régulièrement pendant mes vacances puis la vie professionnelle et la vie de famille nous ont un peu éloignés, on se revoyait aux enterrements, c’est la coutume. Mais nous gardons contact, il y a deux ans en 2008 il m’a envoyé des photos pour étoffer mon arbre généalogique.